Archives de Tag: grosse

Me regarder en face

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Regarder en face mon corps. Parce que si je ne l’aime pas, personne ne pourra l’aimer. Parce que ma représentation mentale n’est pas juste. Parce que je me vois plus souvent habillée que nue. Parce que je veux savoir qui je suis et l’accepter.

Pour participer aussi à rendre visible les corps gros. Qu’ils ne soient plus autant stigmatisés, qu’ils soient banalisés, qu’on puisse enfin voir les personnes au-delà des gabarits et des kilos.

Bien sûr que j’aimerais faire 40kg de moins, mes mouvements seraient plus légers, la vie me serait facilitée (vêtements, chaises et fauteuils…), ma santé serait moins à risques. Mais pour le moment, ce n’est pas le cas. Et ma vie est maintenant, là, pas quand… si… un jour….

Cette séance d’autoportraits en noir et blanc n’a pas été facile, j’avoue. La période est un peu délicate pour moi, ma confiance en moi est plutôt basse en ce moment, et j’en ai un peu rajouté une couche avec ces photos. D’autant que je n’ai pas voulu « cacher mes défauts » (mon ventre est mon nouveau complexe) mais j’ai choisi d’être naturelle. Sans triche, je suis plus vulnérable.

La prochaine étape sera de faire ça en souriant et en étant heureuse de le faire! Peut-être avec l’aide d’un.e complice bienveillant.e!

Au fait, si vous avez envie de vous voir en face vous aussi, au naturel ou en cachant les défauts, je propose des séances photo « boudoir »! Ecoute et bienveillance garanties!

(Il n’y a qu’avec mon corps que j’ai du mal, tous les autres, je les aime.)

Déconstruire la grossophobie

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Déconstruire encore un peu (ou beaucoup) la grossophobie, c’est possible avec https://www.dixoctobre.com/ et avec Corps Cools https://linktr.ee/corpscools et pas mal de comptes de « fat activism » sur instagram dont il faudra vraiment que je fasse la liste.

Tellement touchée par ce que j’y ai lu, tellement triste aussi, toute cette violence intériorisée contre moi-même. Les gros.ses sont moches, pas désirables, pas aimables. Les gros sont fainéant.e.s. et sans volonté. Les gros.ses doivent mincir.

C’est méconnaître complètement les problèmes des gros.ses. Non, aucun.e gros.se n’est heureux.se de l’être, parce que même s’ielle est en bonne santé, amoureux.se et aimé.e avec un chouette boulot, tout lui rappelle sa condition d’être indésirable: le mobilier inadapté, les soignants méprisants, le culte de la minceur comme canon de beauté et de bonne santé, la mode inexistante en grande taille, les blagues moqueuses ou la peur des les kilos pris pendant (faites votre choix) l’hiver, le confinement, la grossesse, le chagrin d’amour… Un.e bon.ne gros.se se doit d’être invisible pour ne pas déranger, comme les noir.es, les arabes, les handicapé.es, les homos, les trans, les sdf, les punks à chien, les pauvres…

Si on est gros.se, c’est qu’il y a une histoire derrière souvent douloureuse ou un problème de santé ou trop de régimes ou tout ça. Ce n’est pas un choix de mode de vie et ce n’est pas non plus quelque chose de facile à changer comme le pensent les minces. Du tout.

Marre de penser que je ne pourrais être aimée et désirée que par un gros si j’ai de la chance. Marre de me rendre compte que je me mets plus de pression pour être à la hauteur pour prouver que mon poids ne me rend pas moins compétente ni moins aimable. Marre d’entendre les gens s’étonner que je sois si gracieuse et que je danse bien alors que je suis grosse. Marre d’entendre les minces parler devant moi de leur dernier régime et s’extasier de leur kilos perdus pour leur corps d’été. Marre qu’on me demande mon poids pour me prescrire un diaphragme. Marre qu’on me regarde avec degoût en maillot de bain (ou même habillée). Marre de voir comment on dérègle le comportement alimentaire des enfants par peur qu’ils grossissent.

Et encore… je suis blanche, cisgenre hétéro, valide et éduquée. Penser à celleux qui cumulent les facteurs de discriminations me rend malade.

S’habiller quand t’es grosse

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Ça devient plus facile de me sentir bien dans mes vêtements. C’est un progrès dans l’image que j’ai de moi 😃

Quand j’avais la vingtaine, je ne me reconnaissais pas dans les magazines que je lisais, je voulais créer un magazine féminin avec de la mode pour les filles normales ou grosses. A l’époque je me pensais grosse avec mon 40 pour 1,63m… Mon intention était que les femmes puissent voir des femmes qui leur ressemblent, normales, pas des très minces comme les mannequins, bien habillées et bien dans leur peau. Aujourd’hui, je ne lis plus la presse dite féminine, mais j’imagine que ça n’a pas changé. Par contre, voir des femmes grosses bien dans leur peau et leurs vêtements est possible sur internet et enfin, grâce à toutes ces femmes qui s’assument, je me sens légitime à vouloir moi aussi m’assumer et m’habiller comme j’ai envie.

J’aime me sentir bien dans mes vêtements et retranscrire mon humeur, mon style du jour.

Je m’habille beaucoup auprès de magasins américains ou allemands, y a beaucoup plus de choix sympa pour les grosses. Un seul magasin par galerie marchande en général, et encore, pas toutes les galeries. Et sinon, la plupart des boutiques sympas, la très grande majorité, se trouvent en ligne. Et je trouve ça dommage et dissuasif.

Visiblement ce n’est toujours pas un marché porteur ou souhaitable le magasin grande taille à la mode…

Des bonnes adresses???

Assumer mon corps

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Ça fait presque un an que j’ai fait cet autoportrait et que je n’ose pas le poster.

Voici mon corps, avec des os, des muscles, une peau et une âme qui l’habite. Un corps comme les autres et pourtant unique. Un corps pour vivre ma vie de femme libre si je le décide.

Aujourd’hui, je m’autorise à assumer qui je suis et ce que j’ai envie de faire de ma vie. Des trucs que je trouvais hier encore trop osés, trop new-age, trop bizarres ou pas assez ceci ou cela… comme assumer mon corps gros et en faire profiter les autres. Pourquoi? Non pas pour faire de l’érotique ou de la course aux « j’aime », mais bien parce que moi, ça m’a aidée de voir d’autres femmes s’assumer. Ça m’a tellement aidée!

J’ai une minuscule audience, je ne suis pas une influenceuse, mais si c’est utile à une seule femme, une seule fille, alors c’est réussi.

❤❤❤

On achève bien les gros

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Les prises de conscience sur le délit de faciès sont dans l’air du temps. Et si vous examiniez votre tendance à la grossophobie aussi?

Une super association toulousaine, le Labo des Culotté.e.s https://labodesculottees.wordpress.com/ qui transmet plein d’infos contre les discriminations en tous genres, et organise plein d’ateliers sur la relation, partage ceci.

«Je m’appelle Gabrielle, j’ai 39 ans, je mesure 1m54 et je pèse 125 kg. J’ai tendance à dire que je mesure une Kylie Minogue et que j’en pèse trois.» C’est sur ces mots que débute le film de Gabrielle Deydier (Arte). Elle enchaîne : «Vous pensez que vous allez voir un film sur une grosse qui veut perdre du poids ? Et ben non.»

Parce que les gros.se.s sont montré.e.s avec le regard des minces, sorte de thin gaze faisant écho au concept de Laura Mulvey, le «male gaze». Là où l’universitaire affirme que les femmes sont montrées comme des êtres désirés par le regard des hommes, on se dit que le procédé existe toujours avec les minces qui filment les gros.se.s: en mangeant, en étant statique, en représentant quelque chose qu’on ne voudrait pas voir. Et pour cause, lorsque j’en parle à Gabrielle Deydier, elle me raconte ces propositions de journalistes qui souhaitaient la filmer en train de manger un croissant ou devant plusieurs menus Burger King.

Le film On achève bien les gros, c’est tout le contraire. On vit la vie de Gabrielle Deydier pendant cinquante-deux minutes. La protagoniste principale réussit l’exploit de ce qui fait d’une œuvre une réussite, on vit sa vie à travers elle. On stresse avec elle lorsqu’elle est sur le point de faire une intervention dans son ancien lycée. Ce moment où on ne sait si c’est de l’intuition et il faut donc suivre, ou si c’est de la peur. Comment a-t-elle réussi à construire cette narration si juste? «C’est grâce à un plan cinématographique, le “face cam”, je voulais regarder les gens droit dans les yeux avec ce corps en maillot de bain. Et encore, je voulais le faire nue mais les gens n’ont pas voulu. Je voulais imposer ce corps devant lequel on détourne la tête. Je voulais qu’on me voie en maillot de bain, je voulais qu’on voie monter des escaliers, écouter de la musique, écrire.»

Disponible sur ARTE jusqu’au 16 août 2020: https://www.arte.tv/fr/videos/086161-000-A/on-acheve-bien-les-gros/

C’est un documentaire d’après le livre de Gabrielle Deydier « On ne nait pas grosse ».

Je me suis triturée les mains tout le long du visionnage. C’est évidemment un sujet qui me touche particulièrement. La critique et l’idée préconçue la plus répandue est bien évidemment le manque de volonté du gros. Celleux qui me connaissent savent que j’en ai de la volonté. C’est juste qu’après des dénigrements et des régimes qui font reprendre plus que ce qu’on a perdu, ce n’est plus possible, ce n’est plus une question de volonté, c’est complètement hors contrôle.

Évidemment, je sais aussi que pour le boulot, c’est un problème. Dans mon travail de danseuse, ça me ferme à peu près toutes les portes. Pour mes autres activités, je ne peux pas mesurer, alors je préfère croire que ça n’a pas d’influence.

Le sujet des relations amoureuses n’est pas vraiment abordé dans ce documentaire, je ne peux que partager mon expérience qui est que ça n’a jamais été anodin. Soit on m’a demandé de mincir, soit on m’a dit que les grosses faisaient fantasmer, soit on ne m’a pas donné ma « chance » tout simplement, parce qu’une fille doit être plus mince et plus petite que l’homme, soit on n’a pas pu aimer mon corps, mais mon gabarit a toujours été évoqué ou été dérangeant. J’aimerais juste qu’il ne le soit pas, que ça ne soit ni gênant ni un objet de fantasme, juste un corps parmi d’autres.

Si vous préférez le style fiction, le téléfilm “Moi, grosse”, toujours d’après le bouquin de Gabrielle Deydier, “On ne nait pas grosse”.

https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/soiree-continue-moi-grosse-639

Merci infiniment pour ce témoignage et pour cette voix de plus au respect de toustes.

Parfaitement imparfaite

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Peau du décolleté déjà ridée par l’exposition au soleil pourtant normale (je ne vais jamais exprès au soleil), seins qui tombent, gros ventre tout blanc, bronzage complètement hétérogène.

Et pourtant, j’aime cette photo, je m’aime sur cette photo et je me sentais plutôt à l’aise au moment où je l’ai prise, prête à me regarder en face, quasiment sereine… et une petite flamme de défi au fond de moi.

« Oh, un bouddha »… et bien oui, ça fait beaucoup de peau, beaucoup de rondeurs, beaucoup de plis.

La vie m’a menée à ce point où il m’est impossible de perdre du poids. Mais je peux être aussi douce et indulgente avec moi-même que je le suis avec les autres. Et je peux accepter de laisser passer ma lumière et de la partager avec toute personne pour qui le nombre de kilos n’a aucune importance.

Que la force soit avec moi!

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Qu’est-ce que c’est bon quand j’arrive à ne pas me prendre au sérieux, jouer avec mon image, jouer tout court et sourire et rire et me sentir bien et me sentir forte!

Photo prise par ma maman ❤

Corps gros

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(Je ne sais plus si j’ai déjà posté cette photo ici ou pas)

Hey mon corps, même avec tes bourrelets, même avec ton gras, même avec tes vergetures, tu me fais ressentir la vie avec intensité, sensualité et en dansant.

Ok, ton poids pèse un peu trop sur tes chevilles, ok, ton gras te gêne dans certains mouvements, ok, tu es vite essoufflé, mais c’est le mieux que nous puissions faire tous les deux pour le moment.

Indulgence et bienveillance pour notre histoire et notre présent.

Photothérapie

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Une histoire difficile que celle du rapport à mon corps.

J’en ai parlé longuement dans un ou plusieurs articles sur ce blog (rubrique Respect). J’ai choisi de m’accepter et de m’aimer, mais c’est un long chemin. Car ce dont je me fiche complètement chez les autres, je ne l’accepte pas chez moi. J’aime tous les corps, sauf le mien.

La photothérapie est pour moi un très bon moyen de casser le décalage entre mon image mentale et la réalité de mon corps. Et de m’habituer à me voir grosse et de commencer à apprécier mon corps, pour de vrai. Ça commence à descendre du mental à mon coeur.

Après tout, c’est ce corps qui me permet de vivre, de ressentir, d’aimer, de voyager, de danser, de vibrer!