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Me regarder en face

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Regarder en face mon corps. Parce que si je ne l’aime pas, personne ne pourra l’aimer. Parce que ma représentation mentale n’est pas juste. Parce que je me vois plus souvent habillée que nue. Parce que je veux savoir qui je suis et l’accepter.

Pour participer aussi à rendre visible les corps gros. Qu’ils ne soient plus autant stigmatisés, qu’ils soient banalisés, qu’on puisse enfin voir les personnes au-delà des gabarits et des kilos.

Bien sûr que j’aimerais faire 40kg de moins, mes mouvements seraient plus légers, la vie me serait facilitée (vêtements, chaises et fauteuils…), ma santé serait moins à risques. Mais pour le moment, ce n’est pas le cas. Et ma vie est maintenant, là, pas quand… si… un jour….

Cette séance d’autoportraits en noir et blanc n’a pas été facile, j’avoue. La période est un peu délicate pour moi, ma confiance en moi est plutôt basse en ce moment, et j’en ai un peu rajouté une couche avec ces photos. D’autant que je n’ai pas voulu « cacher mes défauts » (mon ventre est mon nouveau complexe) mais j’ai choisi d’être naturelle. Sans triche, je suis plus vulnérable.

La prochaine étape sera de faire ça en souriant et en étant heureuse de le faire! Peut-être avec l’aide d’un.e complice bienveillant.e!

Au fait, si vous avez envie de vous voir en face vous aussi, au naturel ou en cachant les défauts, je propose des séances photo « boudoir »! Ecoute et bienveillance garanties!

(Il n’y a qu’avec mon corps que j’ai du mal, tous les autres, je les aime.)

S’habiller quand t’es grosse

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Ça devient plus facile de me sentir bien dans mes vêtements. C’est un progrès dans l’image que j’ai de moi 😃

Quand j’avais la vingtaine, je ne me reconnaissais pas dans les magazines que je lisais, je voulais créer un magazine féminin avec de la mode pour les filles normales ou grosses. A l’époque je me pensais grosse avec mon 40 pour 1,63m… Mon intention était que les femmes puissent voir des femmes qui leur ressemblent, normales, pas des très minces comme les mannequins, bien habillées et bien dans leur peau. Aujourd’hui, je ne lis plus la presse dite féminine, mais j’imagine que ça n’a pas changé. Par contre, voir des femmes grosses bien dans leur peau et leurs vêtements est possible sur internet et enfin, grâce à toutes ces femmes qui s’assument, je me sens légitime à vouloir moi aussi m’assumer et m’habiller comme j’ai envie.

J’aime me sentir bien dans mes vêtements et retranscrire mon humeur, mon style du jour.

Je m’habille beaucoup auprès de magasins américains ou allemands, y a beaucoup plus de choix sympa pour les grosses. Un seul magasin par galerie marchande en général, et encore, pas toutes les galeries. Et sinon, la plupart des boutiques sympas, la très grande majorité, se trouvent en ligne. Et je trouve ça dommage et dissuasif.

Visiblement ce n’est toujours pas un marché porteur ou souhaitable le magasin grande taille à la mode…

Des bonnes adresses???

Assumer mon corps

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Ça fait presque un an que j’ai fait cet autoportrait et que je n’ose pas le poster.

Voici mon corps, avec des os, des muscles, une peau et une âme qui l’habite. Un corps comme les autres et pourtant unique. Un corps pour vivre ma vie de femme libre si je le décide.

Aujourd’hui, je m’autorise à assumer qui je suis et ce que j’ai envie de faire de ma vie. Des trucs que je trouvais hier encore trop osés, trop new-age, trop bizarres ou pas assez ceci ou cela… comme assumer mon corps gros et en faire profiter les autres. Pourquoi? Non pas pour faire de l’érotique ou de la course aux « j’aime », mais bien parce que moi, ça m’a aidée de voir d’autres femmes s’assumer. Ça m’a tellement aidée!

J’ai une minuscule audience, je ne suis pas une influenceuse, mais si c’est utile à une seule femme, une seule fille, alors c’est réussi.

❤❤❤

Agir

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Les sujets à propos desquels s’indigner sont nombreux. Il y a tant à faire. Je suis très sensible à l’injustice, je suis facilement révoltée, en colère.

Dernièrement j’ai constaté que lorsque je suis prise dans ces émotions, certes j’ai de l’énergie mais je ne suis pas juste dans cette énergie. Je suis « hors de moi ». Et ceux qui sont là s’en prennent plein la tête.

Il m’a semblé que je pouvais faire mieux. Contrairement à tout ce que j’ai vécu et pensé jusqu’à il y a peu, je cherche d’abord à revenir à moi au lieu de réagir dans l’énergie de l’injustice. Ce que je fais ou dis alors n’alimente plus (autant) la spirale de violence. Je ne subis plus mon emportement. Je reste dans mon coeur. Et je fais carrément moins de dégâts et pose plus d’actes solides. Comme me retirer du monde. Ce n’est pas une fuite, c’est le seul moyen pour me retrouver, pour réfléchir et incarner ensuite ce qui me semble juste, dans la matière comme dans la vibration.

Ça n’empêche pas les coups de blues devant l’ampleur de la tâche pour sortir de la violence, l’humiliation, le dénigrement, les discriminations, les rôles dans lesquels nous nous enfermons, les masques derrière lesquels nous nous cachons, la fuite de nos responsabilités, l’ignorance des conséquences de nos actes, le manque de souveraineté et de puissance personnelle…

Même si la liste est longue, nous sommes capables d’y faire face, oeuvrons ensemble pour la fameuse « paix dans le monde ».

Parfaitement imparfaite

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Peau du décolleté déjà ridée par l’exposition au soleil pourtant normale (je ne vais jamais exprès au soleil), seins qui tombent, gros ventre tout blanc, bronzage complètement hétérogène.

Et pourtant, j’aime cette photo, je m’aime sur cette photo et je me sentais plutôt à l’aise au moment où je l’ai prise, prête à me regarder en face, quasiment sereine… et une petite flamme de défi au fond de moi.

« Oh, un bouddha »… et bien oui, ça fait beaucoup de peau, beaucoup de rondeurs, beaucoup de plis.

La vie m’a menée à ce point où il m’est impossible de perdre du poids. Mais je peux être aussi douce et indulgente avec moi-même que je le suis avec les autres. Et je peux accepter de laisser passer ma lumière et de la partager avec toute personne pour qui le nombre de kilos n’a aucune importance.