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Déconstruire la grossophobie

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Déconstruire encore un peu (ou beaucoup) la grossophobie, c’est possible avec https://www.dixoctobre.com/ et avec Corps Cools https://linktr.ee/corpscools et pas mal de comptes de « fat activism » sur instagram dont il faudra vraiment que je fasse la liste.

Tellement touchée par ce que j’y ai lu, tellement triste aussi, toute cette violence intériorisée contre moi-même. Les gros.ses sont moches, pas désirables, pas aimables. Les gros sont fainéant.e.s. et sans volonté. Les gros.ses doivent mincir.

C’est méconnaître complètement les problèmes des gros.ses. Non, aucun.e gros.se n’est heureux.se de l’être, parce que même s’ielle est en bonne santé, amoureux.se et aimé.e avec un chouette boulot, tout lui rappelle sa condition d’être indésirable: le mobilier inadapté, les soignants méprisants, le culte de la minceur comme canon de beauté et de bonne santé, la mode inexistante en grande taille, les blagues moqueuses ou la peur des les kilos pris pendant (faites votre choix) l’hiver, le confinement, la grossesse, le chagrin d’amour… Un.e bon.ne gros.se se doit d’être invisible pour ne pas déranger, comme les noir.es, les arabes, les handicapé.es, les homos, les trans, les sdf, les punks à chien, les pauvres…

Si on est gros.se, c’est qu’il y a une histoire derrière souvent douloureuse ou un problème de santé ou trop de régimes ou tout ça. Ce n’est pas un choix de mode de vie et ce n’est pas non plus quelque chose de facile à changer comme le pensent les minces. Du tout.

Marre de penser que je ne pourrais être aimée et désirée que par un gros si j’ai de la chance. Marre de me rendre compte que je me mets plus de pression pour être à la hauteur pour prouver que mon poids ne me rend pas moins compétente ni moins aimable. Marre d’entendre les gens s’étonner que je sois si gracieuse et que je danse bien alors que je suis grosse. Marre d’entendre les minces parler devant moi de leur dernier régime et s’extasier de leur kilos perdus pour leur corps d’été. Marre qu’on me demande mon poids pour me prescrire un diaphragme. Marre qu’on me regarde avec degoût en maillot de bain (ou même habillée). Marre de voir comment on dérègle le comportement alimentaire des enfants par peur qu’ils grossissent.

Et encore… je suis blanche, cisgenre hétéro, valide et éduquée. Penser à celleux qui cumulent les facteurs de discriminations me rend malade.

On achève bien les gros

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Les prises de conscience sur le délit de faciès sont dans l’air du temps. Et si vous examiniez votre tendance à la grossophobie aussi?

Une super association toulousaine, le Labo des Culotté.e.s https://labodesculottees.wordpress.com/ qui transmet plein d’infos contre les discriminations en tous genres, et organise plein d’ateliers sur la relation, partage ceci.

«Je m’appelle Gabrielle, j’ai 39 ans, je mesure 1m54 et je pèse 125 kg. J’ai tendance à dire que je mesure une Kylie Minogue et que j’en pèse trois.» C’est sur ces mots que débute le film de Gabrielle Deydier (Arte). Elle enchaîne : «Vous pensez que vous allez voir un film sur une grosse qui veut perdre du poids ? Et ben non.»

Parce que les gros.se.s sont montré.e.s avec le regard des minces, sorte de thin gaze faisant écho au concept de Laura Mulvey, le «male gaze». Là où l’universitaire affirme que les femmes sont montrées comme des êtres désirés par le regard des hommes, on se dit que le procédé existe toujours avec les minces qui filment les gros.se.s: en mangeant, en étant statique, en représentant quelque chose qu’on ne voudrait pas voir. Et pour cause, lorsque j’en parle à Gabrielle Deydier, elle me raconte ces propositions de journalistes qui souhaitaient la filmer en train de manger un croissant ou devant plusieurs menus Burger King.

Le film On achève bien les gros, c’est tout le contraire. On vit la vie de Gabrielle Deydier pendant cinquante-deux minutes. La protagoniste principale réussit l’exploit de ce qui fait d’une œuvre une réussite, on vit sa vie à travers elle. On stresse avec elle lorsqu’elle est sur le point de faire une intervention dans son ancien lycée. Ce moment où on ne sait si c’est de l’intuition et il faut donc suivre, ou si c’est de la peur. Comment a-t-elle réussi à construire cette narration si juste? «C’est grâce à un plan cinématographique, le “face cam”, je voulais regarder les gens droit dans les yeux avec ce corps en maillot de bain. Et encore, je voulais le faire nue mais les gens n’ont pas voulu. Je voulais imposer ce corps devant lequel on détourne la tête. Je voulais qu’on me voie en maillot de bain, je voulais qu’on voie monter des escaliers, écouter de la musique, écrire.»

Disponible sur ARTE jusqu’au 16 août 2020: https://www.arte.tv/fr/videos/086161-000-A/on-acheve-bien-les-gros/

C’est un documentaire d’après le livre de Gabrielle Deydier « On ne nait pas grosse ».

Je me suis triturée les mains tout le long du visionnage. C’est évidemment un sujet qui me touche particulièrement. La critique et l’idée préconçue la plus répandue est bien évidemment le manque de volonté du gros. Celleux qui me connaissent savent que j’en ai de la volonté. C’est juste qu’après des dénigrements et des régimes qui font reprendre plus que ce qu’on a perdu, ce n’est plus possible, ce n’est plus une question de volonté, c’est complètement hors contrôle.

Évidemment, je sais aussi que pour le boulot, c’est un problème. Dans mon travail de danseuse, ça me ferme à peu près toutes les portes. Pour mes autres activités, je ne peux pas mesurer, alors je préfère croire que ça n’a pas d’influence.

Le sujet des relations amoureuses n’est pas vraiment abordé dans ce documentaire, je ne peux que partager mon expérience qui est que ça n’a jamais été anodin. Soit on m’a demandé de mincir, soit on m’a dit que les grosses faisaient fantasmer, soit on ne m’a pas donné ma « chance » tout simplement, parce qu’une fille doit être plus mince et plus petite que l’homme, soit on n’a pas pu aimer mon corps, mais mon gabarit a toujours été évoqué ou été dérangeant. J’aimerais juste qu’il ne le soit pas, que ça ne soit ni gênant ni un objet de fantasme, juste un corps parmi d’autres.

Si vous préférez le style fiction, le téléfilm “Moi, grosse”, toujours d’après le bouquin de Gabrielle Deydier, “On ne nait pas grosse”.

https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/soiree-continue-moi-grosse-639

Merci infiniment pour ce témoignage et pour cette voix de plus au respect de toustes.

Agir

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Les sujets à propos desquels s’indigner sont nombreux. Il y a tant à faire. Je suis très sensible à l’injustice, je suis facilement révoltée, en colère.

Dernièrement j’ai constaté que lorsque je suis prise dans ces émotions, certes j’ai de l’énergie mais je ne suis pas juste dans cette énergie. Je suis « hors de moi ». Et ceux qui sont là s’en prennent plein la tête.

Il m’a semblé que je pouvais faire mieux. Contrairement à tout ce que j’ai vécu et pensé jusqu’à il y a peu, je cherche d’abord à revenir à moi au lieu de réagir dans l’énergie de l’injustice. Ce que je fais ou dis alors n’alimente plus (autant) la spirale de violence. Je ne subis plus mon emportement. Je reste dans mon coeur. Et je fais carrément moins de dégâts et pose plus d’actes solides. Comme me retirer du monde. Ce n’est pas une fuite, c’est le seul moyen pour me retrouver, pour réfléchir et incarner ensuite ce qui me semble juste, dans la matière comme dans la vibration.

Ça n’empêche pas les coups de blues devant l’ampleur de la tâche pour sortir de la violence, l’humiliation, le dénigrement, les discriminations, les rôles dans lesquels nous nous enfermons, les masques derrière lesquels nous nous cachons, la fuite de nos responsabilités, l’ignorance des conséquences de nos actes, le manque de souveraineté et de puissance personnelle…

Même si la liste est longue, nous sommes capables d’y faire face, oeuvrons ensemble pour la fameuse « paix dans le monde ».

Sans fessée comment faire

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Le 30 avril est la journée de la non-violence éducative.

A cette occasion, la nouvelle version de la brochure «Sans fessée comment faire» de Catherine Dumonteil Kremer, illustrée par Lise Desportes est disponible au téléchargement sur https://pepsmagazine.com/brochures-affiches/

Pour un rapport sain et respectueux à cette personne qu’est l’enfant. Changer le système commence par là.

Au delà de ne plus utiliser la violence physique contre les enfants, ce qui leur apprend que les plus forts ont le droit de taper, c’est toute l’éducation qui est à passer au détecteur de la violence ordinaire pour prendre conscience que le rapport domination/soumission qui se joue là n’est pas anodin. Perpétuer ce rapport de force et de manque de respect prépare à la violence à l’ecole, au travail, envers les plus faibles et favorise les discriminations en tout genre et son corollaire, la soumission, la résignation.

Rien de tel pour perpétuer sexisme, racisme, exploitations diverses et variées, la conscience tranquille…