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Laure des Grottes de Kiev

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Je ne sais pas du tout pourquoi on appelle « Laure » ces ensembles d’édifices religieux. La Laure des Grottes de Kiev est composée d’une cathédrale, d’églises, d’un monastère, de catacombes (d’où les grottes) et s’étend sur une belle surface. Aujourd’hui il y a aussi des musées, la plupart consacrés au sacré (ouille) mais aussi d’autres au profane sans aucun lien. Il y a quatre Laures en Ukraine. Celle des Grottes de Kiev date du 11ème siècle, fondée sous Yaroslav le sage. L’ensemble architectural est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Photos interdites ou payantes. Je n’ai pas payé donc n’ai eu droit qu’au téléphone quand c’était permis. Pas très satisfaite de mes photos de la journée… Aujourd’hui Ilia m’accompagnait.

Revenons à la Laure. Comme toute architecture d’édifices religieux orthodoxe, ça pète !

Rien que le porche d’entrée est déjà somptueux.

Première visite, une toute petite église du 11ème siècle qui ne paie pas de mine de l’extérieur, mais toute recouverte de fresques à l’intérieur. Le couloir d’accès à l’église également. Le volume particulièrement petit de la partie « église » rend encore plus majestueux le décor. Bon, moi j’adore les fresques de ce style alors je suis aux anges, sans mauvais jeu de mot ^^ 

Après, changement complet de taille, direction la cathédrale. 

C’est la cathédrale de l’Assomption.  Cette cathédrale à été détruite par une bombe pendant la deuxième guerre mondiale. Elle a été entièrement reconstruite à l’identique récemment. Toute neuve donc, moins de cachet, mais qui fait son effet. Entièrement recouverte de fresques à l’intérieur, comme Sainte-Sophie et Saint-Michel, je ne savais plus où donner des yeux. Avec beaucoup beaucoup d’or, de quoi prendre un coup de soleil par beau temps… photos interdites à l’intérieur. Une icône de Marie et l’enfant m’impressionne particulièrement. Je ne suis pas croyante, enfin pas déiste, mais j’apprécie la force et l’harmonie graphique. Et puis avec l’ambiance sombre avec bougies, ça rend bien. C’est mon côté païen! 

Nous traversons une ruelle et vous voilà dans une autre église, oui, il y en a partout, assez grande, attenante au réfectoire (qui n’est plus utilisé comme réfectoire aujourd’hui). 

J’ai vraiment adoré le style des peintures avec beaucoup de végétal et d’animaux. Pas mal pour une salle à manger…

En sortant, comme à plusieurs reprises puisque c’est un monastère en activité, nous croisons des moines. Ou popes… J’avoue que je ne sais pas. Mais je suis toujours attirée par leur look. Ça sera ma photo du jour.

Du reste de la visite, je n’ai aucune photo. Pas dans mon téléphone. C’était interdit, sauf le paysage que j’ai pris au reflex. 

Évidemment, nous sommes allés dans les catacombes. Ambiance garantie, éclairage à la bougie uniquement, de part en part ou portées par les visiteurs. Mais ambiance catacombes pieuses. Très pieuses. Dans la petite église au milieu du « boyau », une messe est dite. Je m’arrête quelques minutes et profite de l’énergie dégagée. C’est assez envoûtant. 

Nous finirons la visite par 3 musées: le musée de l’art iconique unkrainien, le musée du trésor et le musée des microminiatures. Ce dernier n’a rien de sacré, mais est complètement hallucinant. L’artiste a par exemple inséré une rose dans un cheveu. Il a fait plein d’autres choses d’ailleurs, comme champion de plongée et écrivain. Un pluripotentiel! Pour voir son travail: http://microart.kiev.ua/en/

Nous sommes sortis de la Laure et sommes partis à la recherche d’une fresque murale vue sur un site internet et qui devait se trouver juste à côté mais que nous n’avons jamais trouvée… Mais cette recherche nous a permis de tomber sur une immense exposition photo dans un ensemble d’immenses salles au numéro 7 de la rue lavrskaia (rue de la Laure).  Je dirais 200 photos minimum reparties sur 4 salles, deux grandes et deux moyennes. 

Beaucoup de clichés sur la guerre et ses conséquences. Une majorité de photos pas drôles, quelques autres plus gaies. Cette expo est proposée par le journal « день » (jour) chaque année. Et on peut participer, il faut envoyer ses photos en août si j’ai bien compris. Sur l’Ukraine. Ou bien le thème change, je ne sais pas. 

Beaucoup de photos méritaient le détour, certaines séries étaient vraiment interessantes. Ci-dessous l’affiche et trois de mes photos préférées dans les moins tristes… Photos sous verre = reflets, désolée. Le monsieur aux drôles de lunettes est un comique  ukrainien. 

Cette dernière fait partie d’une série sur la vie des gens dans la région de Tchernobyl dont j’ai vraiment aimé l’ambiance et l’esthétique. Il s’agit du travail  de Quintina Valero: https://quintinavalero.photoshelter.com/index 

(Merci à une connaissance sur  facebook qui a su me donner le nom  d’après ma traduction littérale de l’ukrainien!!! J’avais traduit  Quentina Balero mais ça ne donnait rien. Merci beaucoup!)

On a encore essayé un peu de trouver la fresque ensuite, mais en vain, et personne ne connaissait. N’empêche, j’ai bien aimé cette ruelle derrière le bâtiment et qui donne sur la Laure à la tombée de la nuit… Contrastes entre le mur de droite tout rafistolé, le bâtiment non rénové et les coupoles rutilantes en arrière plan.

 J’ai ensuite fait quelques photos depuis la voiture avec le reflex, des jeux de lumière ou de graphisme dans la nuit. On verra. 

Pour terminer la journée, le traditionnel repas du soir, cette fois je montre une photo même si ce n’est pas esthétiquement à mon goût, c’est typique !

Chou et carottes lacto-fermentés, petits concombres en saumure, aubergines marinées, harengs aux oignons, sauce aux noix et aux herbes et pommes de terres sautées… Arroser de vodka si souhaité 😁 

Ça y est, une journée de terminée encore… Ça passe vite. Mais ça déconnecte bien. Surtout que tout mon cerveau est concentré pour comprendre et parler russe. 

Спокойной ночи!

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Journal photo 30 octobre 2017

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Photo du jour, la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev, absolument magnifique, romane, du 11eme siècle, entièrement recouverte de fresques à l’intérieur, c’est tout ce que je préfère!

Virée dans le Comminges, jour 3

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Pour ce dernier jour, il ne s’agira pas tant du Comminges que des étapes du retour chez moi. Au réveil au camping de Luchon, je ne savais toujours pas vraiment ce que j’allais faire. J’ai regardé la carte routière, la carte des randonnées, les guides… Au final, la fatigue d’une deuxième courte nuit me décida à prendre tranquillement le chemin du retour, en faisant autant d’arrêts que nécessaire pour me sentir encore en vacances.

Je ne me souviens plus dans quel village je me suis arrêtée en premier pour voir la chapelle romane Saint-Julien. Ce que j’apprécie dans l’art roman en plus de la forme des arcs que j’ai toujours préférés complètement arrondis, c’est la sobriété. Quand c’est associé avec des peintures de cette époque à l’air naïf, je suis aux anges. Bon, je n’ai pu qu’en faire le tour, trouver porte close et repartir. Arrêt suivant à Mauléon-Barousse avec sa pompe à essence et sa borne Michelin d’un autre âge. Enfin, troisième arrêt sur les berges de l’Ourse, parce que le nom peut tellement s’accorder avec mon humeur solitaire que j’apprends à respecter de plus en plus. C’était un clin d’oeil.

 

L’étape suivante me pris plus de temps. Je m’arrêtai au village de Bramevaque pour y visiter le château des comtes du Comminges, château en ruines à l’exception du donjon, conservé et même restauré pour le toit, par des chantiers internationaux de bénévoles qui campaient là. Pour arriver au château, il faut monter à travers une forêt très moussue dans laquelle je me sentis d’abord suspecte, puis enfin accueillie. Etonnant, mais j’ai aimé et je suis restée quelque temps, à juste être là. Les ruines aussi offraient une ambiance assez particulière, ainsi qu’une très belle vue sur les montagnes et le village en contrebas. Les nuages descendirent sur les montagnes à la fin de ma visite, comme l’avant-veille à Saint-Bertrand de Comminges, et la bruine me pressa de regagner la voiture et continuer mon chemin.

 

Je décidai de ne pas prendre l’autoroute, mais de traverser tout droit la campagne, par St-Gaudens, Boulogne sur Gesse, les gorges de la Save, Lombez… Je n’avais pas décidé de m’arrêter à Saint-Gaudens, mais en passant, le panneau « Chapelle Sain-Jacques – Centre d’art contemporain » attira mon attention. Ce fut un petit détour dans la ville. L’exposition présentait les peintures de Benoît Bonnemaison-Fitte, un artiste vivant à Aurignac, et ne m’enchanta guère, mis à part deux tableaux. Mais le lieu me plut, il me faudra suivre l’actualité des expositions. Le centre d’art est géré par une association et travaille parfois avec les Abattoirs à Toulouse.

 

Je ne m’arrêtai au bord de la Save, au début de la départementale aujourd’hui fermée à la circulation et donc dédiée aux piétons et cyclistes, seulement pour grignoter au calme. L’heure de retrouver mes filles approchaient, j’avais juste le temps pour un arrêt supplémentaire que je choisis de faire à Lombez. Je n’avais jamais mis les pieds dans cette ville. Je fus très agréablement surprise par la vieille ville et la cathédrale, au charme désuet, et où je découvris que j’avais les mêmes initiales que Sainte-Germaine!

 

Au lavoir, je trouvai, comme à Saint-Clar, un « parcours » street art. Je le suivis un peu, jusqu’à la médiathèque qui abrite aussi la maison de l’écriture au premier. Une expo intéressante, des mots d’enfants rigolos, mes vacances se terminent en poésie et j’adore ça!

 

Le voyage commence au coin de la rue.

 

 

Virée dans le Comminges, jour 1

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Au prétexte d’une amie non-véhiculée à conduire à Saint-Girons, j’ai décidé mardi après-midi de partir le lendemain faire un tour dans les Pyrénées. Diverses choses s’étant annulées, j’avais 3 jours devant moi, l’occasion m’était donnée, je l’ai saisie.

N’ayant aucune idée d’où me conduiraient ces vagabondages, j’ai pris la tente, le matelas, les duvets, quitte à dormir dans la voiture, mais en me disant qu’un simple petit emplacement de camping, ça se trouve facilement au dernier moment. Au moment où j’aurais décidé de l’endroit où passer la nuit, vers 19h…

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Mercredi matin, nous voilà parties, mon amie que je dois déposer à Saint-Girons et moi. Je pensais faire un tour du côté d’Aulus les Bains après l’avoir déposée, et la promenade jusqu’à la cascade d’Ars, mais le temps avait décidé de ne pas être de mon côté.

Je trouvais dommage de me balader en montagne entourée de nuages et sans visibilité sur les paysages. Aussi, j’ai décidé de faire demi-tour et d’aller, enfin, visiter St Bertrand de Comminges.

Quelques kilomètres avant d’arriver, je suis passée sur la Garonne, et je me suis trouvée toute étonnée de la voir si petite, une rivière de montagne. J’ai voulu m’arrêter pour faire quelques photos, il y avait une base nautique pour faire du kayak et du canoë, la base nautique de Valcabrère. J’ai demandé la permission de me garer sur leur parking, deux gars m’ont très gentiment dit oui, que je fasse comme bon me semblait, et quand ils ont vu mon appareil, ils m’ont demandé si c’était pour un magazine ou un reportage, si j’étais pro, parce qu’ils aimeraient bien avoir de jolies photos pour leur site et leur page facebook. Alors, je leur ai proposé de leur donner les photos que j’aurais prises et j’en ai pris un peu plus que juste pour moi 🙂  A priori, j’ai gagné en échange une promenade sur l’eau pour une prochaine fois pour aller faire des photos depuis le bateau à de jolis endroits sur la Garonne… Mais je n’ai pas pu en profiter durant ces 3 jours, j’espère qu’ils s’en souviendront!

La Garonne est bien mignonne à cet endroit et j’ai même mis les pieds dedans, comme dans une simple petite rivière.

J’ai parcouru les quelques kilomètres restant pour arriver à Saint-Bertrand de Comminges. J’avais imaginé une ville, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai découvert un petit village, à moitié au sommet de la colline sur fonds de montages, à moitié au pied de la colline dans une vallée fort jolie. Les nuages de bruine accrochés aux montagnes en fond de vallée et derrière le village donnaient à l’ensemble un certain charme.

Ma balade dans la ville haute m’a mené à visiter la cathédrale Notre-Dame ou Sainte-Marie avec le cloître et le jardin ouverts sur la montagne ainsi que les deux expositions photographiques proposées dans le cadre du festival de photo MAP Toulouse.

J’ai beaucoup aimé la vue du cloître et du jardin sur la montagne brumeuse. Le jardin n’était pas grand, à la taille de la « ville », mais adorable avec notamment ce poirier qui débordait par-dessus le mur d’enceinte. La cathédrale m’a touchée par sa sobriété au niveau des murs, rehaussée par des peintures uniquement sur les clefs de voûte. Ce qui était étonnant et quelque peu impressionnant, c’est cette « église à l’intérieur de l’église » formée par les stalles en bois. Très ouvragées, des détails m’ont bien plus, surtout les gravures végétales dans le bois. Et aussi l’orgue, comme, accroché au mur dans un angle. J’ai regretté l’absence de bancs, chaises, siège quelconque pour se poser et sentir les choses.

 

Les expositions photo, l’une dans l’office de tourisme (magnifique bâtiment) et l’autre dans un musée, valent vraiment le détour. Les deux présentent le parcours de migrants traversant le Moyen-Orient et l’Europe, espérant le statut de réfugiés et une vie qui ressemble à une vie, digne et humaine. Les deux présentent des images fortes, touchantes, vivantes, belles, dérangeantes. J’ai plongé à leur côté en suivant leur exil, m’étonnant à la fin de la visite de ressortir sous la bruine de ce village avec ma nationalité française, mes yeux bleus et ma peau blanche, associés à une vie tellement désirée par tous ces humains meurtris. Privilège. La culpabilité qui pointe de ne pas leur venir concrètement en aide? Et l’actualité de ces derniers jours qui rappellent que tous les humains ne sont pas égaux, que la violence, les inégalités aigües et la douleur sont toujours meurtrières.

 

J’ajoute quelques images glanées lors de la promenade au gré des ruelles dans ce village, un peu plus de légèreté, un brin de nostalgie et de magie et toujours quelques gouttes de pluie.

 

J’ai appelé le camping au bord de la ville basse, il y avait bien sûr de la place pour moi, j’ai dû répéter deux fois que j’étais une seule personne, est-ce si rare? De mon dernier petit tour avant que je ne reste au camping m’installer et me poser, deux images. L’une de la plaine devant la camping avec cet air de « grands espaces » et l’autre du cours d’eau qui traverse la ville basse, déjà plein de feuilles mortes.

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Cette journée fut bien remplie et le temps maussade aura finalement apporté une touche de mélancolie poétique à l’ensemble. Jusqu’au bout j’aurais eu droit à cette atmosphère particulière, puisque j’ai planté ma tente sous un bien bel et grand arbre.

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Je n’avais aucune idée en m’endormant de ce que me réservait le lendemain. J’avais la possibilité de la promenade sur la Garonne, mais pas avant 10h, et en camping, en général je suis levée tôt, mais pourquoi pas. Je voulais continuer à improviser et sentir le sens du vent. A suivre…