Archives Mensuelles: juin 2020

Stage de montage de tambour

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Comme je l’ai raconté ici en long en large et en travers, je suis allée monter mon tambour de rituel jeudi 25 juin avec Les tambours by BRENN. Ce fut pour moi une très belle expérience.

Comme certains étaient intéressés mais n’ont pas pu venir, je vous propose d’organiser ce même stage chez moi en région toulousaine un jour de la semaine du 13 au 18 juillet.

C’est 200€ pour la journée de 10 à 17h, repas auberge espagnole, tambour de 45cm en peau de chèvre issue du commerce équitable avec le Mali et bois de hêtre pour le cadre. Mailloche comprise.

A ce tarif, il faudra ajouter la participation pour les frais de déplacement, soit 60€ à partager entre tous les participants. Ca fera entre 10 et 20€ par personne, le nombre de places est limité afin que Cyril puisse être disponible pour chacun.

Si vous voulez vous joindre à nous, alors merci de me contacter dès que possible pour qu’on mette en place l’organisation en me disant quelles sont vos disponibilités entre le 13 et le 18 juillet.

Vous pouvez aussi acheter des tambours déjà montés avec ou sans dessin.

Photo, tambours et dessins Les Tambours by BRENN

Des commandes personnalisées sont possibles.

Si vous voulez profiter de sa venue pour acquérir un tambour, contactez le directement!

Je ne touche rien pour tout cela, j’accueille juste 🙂 Pour me contacter, c’est sur https://www.guillemettesilvand.fr rubrique contact.

Premier essai dans la forêt

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Premier essai hier après-midi en forêt du tambour monté avec Les tambours by BRENN.

C’était étonnant. Quelque chose en moi ne pouvait pas s’empêcher de trouver ça tellement caricatural, un peu comme quand j’ai parlé de « la femme sauvage » sur ce blog. Un peu comme quand j’animais des ateliers de parentalité bienveillante et que certains voulaient juste dire les bons mots pour se faire obéir, pas pour écouter et entendre vraiment leur enfant. Un décalage entre le discours et l’image qu’on veut donner de soi et ce qu’on est vraiment. La femme sauvage retrouve sa puissance dans la forêt avec son tambour nue sous la pleine lune 😉 Mais ça peut n’être qu’une façade, pas quelque chose vécu de l’intérieur. J’en croise des comme ça.

Et bien au-delà de cette crainte de n’être qu’une caricature et qu’une façade, je me suis sentie tellement à ma place et tellement bien, que ce fut une très belle expérience. Il y avait vraiment quelque chose qui se passait qui à la fois m’ancrait là et à la fois me faisait vibrer plus que d’habitude. Et j’ai osé chanter même. Bon, j’étais seule… ou pas… il y avait une autre voiture sur le parking quand je suis repartie…

La forêt, entre les coupes d’entretien qui laissent des traces monstrueuses et la tempête de vendredi qui a cassé pas mal de troncs, était sens dessus-dessous. J’ai décidé qu’on allait se guérir toutes les deux avec ces chants de tambour et de voix. En tout cas, mon intention était de faire du bien, à moi et aussi à elle.

Naissance de mon tambour de rituel

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Il y a quelques semaines, j’ai senti que j’avais envie de jouer du tambour, du tambour de rituel ou tambour chamanique. Même si je croise cet instrument depuis des années dans les milieux alternatifs et spirituels que je fréquente, cela me laissait indifférente. Voire méfiante, car de voir pulluler les femmes au tambour dans mon réseau autour du féminin sacré me faisait l’effet d’un engouement légèrement forcé, comme un effet de mode. Je me demandais où finissaient tous ces tambours… au coeur de la vie ou sur le mur pour la déco? Une projection personnelle.

Et j’ai vécu trois expériences réjouissantes sur les dix derniers mois qui ont changé la donne. Il y a eu ce cercle de femmes chez moi à l’été 2019 où Laetitia (sophrologie, reiki, moon mother) est venue avec son tambour et où nous avons dansé sur le chant de la peau et le chant de la femme. Ce jour là, je me suis dit que je voulais savoir faire ça. Jouer du tambour et chanter en même temps. C’était magique! et c’était aussi super pratique… Oui, l’accompagnante que je suis apprécie de pouvoir agir en direct sur le tempo et la longueur de la musique pour l’adapter instantanément à ce que vit le groupe. Les musiques enregistrées que j’utilise habituellement ne me permettent pas cette adaptabilité. Mais j’ai pensé que cela serait long et difficile d’apprendre à jouer, à chanter et d’oser ensuite me lancer. Sortir ma voix chantée, c’est un peu beaucoup difficile pour moi. C’est reparti enfoui loin en moi alors que mon émotion avait été intense.

Puis il y a eu les deux après-midis de chant vibratoire avec Marina et Frédéric-Raphaël en décembre 2019 et février 2020 et j’ai adoré la séquence finale accompagnée aux tambours. Être entourée et portée par la résonance des tambours fut une expérience magnifique, magique. Il faut dire que Marina et Frédéric-Raphaël sont magnifiques eux-mêmes et franchement inspirants. J’étais convaincue. Pour tout dire, j’aimerais vivre ça un jour moi aussi, accompagner un groupe non pas seule avec mon tambour, mais en duo avec un homme, nos tambours en complémentarité. Arf, ça y est, j’ai un nouveau rêve à réaliser ^^

Pour passer à la pratique, quand j’ai voulu avoir un contact pour des cercles de tambour, ça a été trop facile, il m’a été donné direct. Alors depuis, il y a eu le confinement et donc c’est resté en suspend, mais le confinement m’a aussi permis de murir mon projet d’acquisition. J’ai demandé sur le gros rezo où acheter un tambour, j’ai reçu beaucoup de réponses mais une a particulièrement retenu mon attention: « et si tu le fabriquais ton tambour plutôt que de l’acheter? ». Ah… alors j’ai demandé où fabriquer un tambour et j’ai à nouveau eu beaucoup de réponses. J’ai eu un moment de flottement, de doute, comment allais-je faire pour choisir? Je n’avais pas 36 solutions. Écouter la certitude au fond de moi, l’intuition qui sait. Ça m’a pris à peine une seconde. Et c’est ainsi que je me suis retrouvée ce jeudi 25 juin en pays minervois dans l’atelier des tambours by Brenn, où j’ai monté et donné naissance à mon tambour en très bonne compagnie. Tout s’était parfaitement mis en place.

Je ne savais pas à quoi m’attendre, je ne projetais rien et j’ai été surprise de ressentir autant de plaisir à choisir la peau puis faire sortir de mes mains cet instrument. Il y a quelque chose qui s’est passé de magique, le lien s’est créé dès le début, je n’ai pas eu à chercher le sacré, il s’est imposé naturellement. Même si tout s’y prêtait, l’énergie du lieu, de l’accompagnant et des autres participantes, cela m’a étonnée.

Cette nuit, après la tempête et l’orage qui ont nettoyé en très grand, j’ai consacré mon tambour officiellement, bien qu’il fut déjà sacré pour moi depuis le premier contact.

Ce qui m’est venu est que ce tambour accompagnera la guérison, le soutien et la joie. J’ai demandé aux 4 éléments d’apporter leur contribution à cette intention à leur façon selon leurs qualités. L’inspiration pour l’air à l’est, la croissance pour le feu au sud, la fluidité pour l’eau à l’ouest et la force pour la terre au nord. J’ai aussi demandé la connexion et la reliance verticale à la Terre et au Ciel.

Je ne l’ai pas encore fait sonner, je n’ai pas encore fait chanter la peau, mais demain j’ai une journée un peu plus tranquille (oh… heu… bon, légèrement quand même) et j’espère bien commencer à dialoguer à haute voix maintenant que notre engagement est officialisé!

Je vais devoir sortir de ma zone de confort les prochaines semaines… Quelques traces de peur s’accrochent encore, mais j’ai également confiance. Alors j’y vais. Une nouvelle aventure commence!

Rituel du solstice en solitaire

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La maison était silencieuse cette après-midi, deux filles parties, la troisième dans sa chambre, j’avais enfin plusieurs heures de libre devant moi et l’espace et le silence pour me poser et marquer le coup pour ce solstice qui tombe aussi à la nouvelle lune.

Pas besoin de protocole, je sais que c’est le bon moment et je sais que l’instant est sacré.

Peut-être fallait-il que je brûle toutes les offrandes de l’an passé à Beltane, mais j’ai oublié, alors je les ai préparées aujourd’hui. J’ai pris le temps d’allumer un vrai feu dans mon poêle, ce feu du solstice sanctificateur, ce feu qui est l’élément de la saison qui commence, ce feu symbolisant la puissance du masculin sacré.

J’ai aussi préparé les offrandes pour ce rituel et je garde à portée de main mon carnet dédié aux célébrations pour y noter ce que je ressens. Je ne peux pas faire ça en rituel en groupe.

Là je suis à mon rythme, dans mes pensées, dans mon intériorité, et reliée à ce feu magique.

J’y ai mis les plantes suivantes pour manifester ce qui me semble juste en ce moment pour moi, c’est très personnel, ça n’a rien d’officiel comme significations:

  • du laurier pour le courage de continuer ma quête vers mon essence
  • une rose ouverte et un bouton pour mon éclosion et mon épanouissement
  • du chêne pour la force et la sagesse dont j’ai besoin sur mon chemin
  • de la mélisse pour rester sereine et en paix
  • de la vigne pour ne pas oublier de profiter de la vie et de ses plaisirs
  • de la menthe pour la fraicheur et la légèreté qui me font un peu défaut en ce moment (en lien avec la vigne)
  • de l’olivier pour m’émerveiller de la beauté du chemin

J’y ai aussi brûlé le mat de Beltane et sa couronne. Que l’union du masculin et du féminin soit consacrée par le feu et que les fruits de cette union se manifestent pleinement. En tous cas, ça fait deux semaines que je ressens cette union en moi avec une paix et une joie qui me comblent quand je prends le temps de m’y connecter. C’est la première fois que je ressens cela aussi nettement et aussi longtemps.

J’ai médité devant le feu, j’ai regardé ce que j’y avais mis s’y consumer et s’élever. Je sentais tellement l’air vibrer autour de moi. J’étais bien.

J’ai tiré ensuite deux cartes pour savoir ce qui me serait utile en ce moment. Une carte de l’oracle des sorcières, une de l’oracle celtique.

Le miroir me propose d’être à l’écoute de mes perceptions physiques et de mon intuition pour être vigilante face aux illusions et éventuellement mauvaises intentions. La loutre est une gardienne, symbole de protection. Peut-être peut-elle m’y aider. J’ai fait un petit voyage avec elle où je suis allée visiter une grotte sombre et pleine de peurs et où j’ai découvert que je pouvais me protéger en ouvrant mon coeur. Ce qui pourrait paraitre contre-intuitif. Et pourtant, je le savais déjà et l’avais déjà expérimenté. Et la loutre m’a aussi rappelé de ne pas oublier de m’occuper de moi, avant tout, pour être assez ressourcée pour ensuite servir la Vie. Oui, tout ça 🙂

Les cartes, par leur symbolique soit générale soit personnelle, font ressortir des idées, des émotions, des intuitions qui font des ponts dans mes expériences et mettent en lumière des points sensibles. Ça me permet de mieux me connaitre et d’avancer. Outil psychologique qu’il m’est de plus en plus facile d’utiliser. Les visualisations en méditation aussi. J’aime bien quand je vis de tels moments.

Petite virée à Auch

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C’était samedi dernier déjà. Je n’avais pas envie de faire grand chose, j’aurais pu rester à trainer sur internet toute l’après-midi et être mécontente de moi le soir. Alors, j’ai embarqué ma mère pour une virée à Auch, pour découvrir une boutique de vêtements grande taille qu’on m’avait conseillée et pour visiter le centre ville que je ne connais(sais) pas du tout.

Garées en bas, sur la rive opposée à la vieille ville, première vue…

Nous remontons ensuite par une vieille rue d’où partent des ruelles plus ou moins larges, certaines avec vue sur la cathédrale et avec des hôtels particuliers avec cours intérieures.

Librairie généraliste avec une autopublicité, librairie BD mangas comics qui fait aussi de la petite restauration et salon de thé où nous nous poserons juste avant la fermeture et où nous avons fait une rencontre rigolote.

Pas bavard mais il sait écouter ^^

C’est dangereux le sorbet à la mangue…

Après avoir vu la cathédrale de l’extérieur (fermée à cette heure) et l’escalier monumental d’en haut, nous sommes redescendues par les petites rues.

On s’amuse avec les marquages au sol…

Pour voir du point de vue de ma mère, c’est là: https://bborda-silvand.blog/2020/06/18/un-tout-ptit-tour-a-auch/

Nous arrivons en bas des escaliers… J’y monte un peu pour y faire ma pose touriste, et tout en haut trône la statue de D’Artagnan.

Nous repassons sur l’autre rive et nous tombons sur une boutique de photographe restée dans son jus. J’adore voir les logos de Kodak, ça me rappelle tellement de souvenirs! Je trouve ça beau, je suis nostalgique momentanément. Merci pour ce morceau d’histoire.

Ciel magnifique sur le chemin du retour avec des nuages comme des peintures et la lumière du soleil couchant. Mais je conduis et il est déjà tard, pas d’arrêt.

Bon, et au final, la boutique? Et bien, ma maman m’y a offert trois tuniques/robes dont je suis bien contente. Boutique Taka’Ozé: https://www.facebook.com/TakaOz%C3%A9-V%C3%AAtement-Grande-Taille-%C3%A0-AUCH-738357509589534/

Et une autre est celle que je porte sur la photo dans le champ de blé.

Pas encore de photo avec la troisième.

Merci!

Peut-être faudra-t-il y retourner pour la cathédrale de l’intérieur et les loutres en amont de la ville, vers le lycée, dont on m’a parlé.

S’habiller quand t’es grosse

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Ça devient plus facile de me sentir bien dans mes vêtements. C’est un progrès dans l’image que j’ai de moi 😃

Quand j’avais la vingtaine, je ne me reconnaissais pas dans les magazines que je lisais, je voulais créer un magazine féminin avec de la mode pour les filles normales ou grosses. A l’époque je me pensais grosse avec mon 40 pour 1,63m… Mon intention était que les femmes puissent voir des femmes qui leur ressemblent, normales, pas des très minces comme les mannequins, bien habillées et bien dans leur peau. Aujourd’hui, je ne lis plus la presse dite féminine, mais j’imagine que ça n’a pas changé. Par contre, voir des femmes grosses bien dans leur peau et leurs vêtements est possible sur internet et enfin, grâce à toutes ces femmes qui s’assument, je me sens légitime à vouloir moi aussi m’assumer et m’habiller comme j’ai envie.

J’aime me sentir bien dans mes vêtements et retranscrire mon humeur, mon style du jour.

Je m’habille beaucoup auprès de magasins américains ou allemands, y a beaucoup plus de choix sympa pour les grosses. Un seul magasin par galerie marchande en général, et encore, pas toutes les galeries. Et sinon, la plupart des boutiques sympas, la très grande majorité, se trouvent en ligne. Et je trouve ça dommage et dissuasif.

Visiblement ce n’est toujours pas un marché porteur ou souhaitable le magasin grande taille à la mode…

Des bonnes adresses???

Message du jour

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Mon chat ne fait que me coller depuis mon réveil. Ça m’a donné envie de découvrir ce que les chats avaient à me délivrer comme message aujourd’hui.

J’ai utilisé L’oracle des chats de Nathalie Thomas et le Everyday Witch Tarot de Deborah Blake et Elisabeth Alba.

Je connais bien Nathalie et l’amour immense qu’elle porte à ses chats qui lui ont inspiré cet oracle. J’aime sa façon de voir les choses, je suis heureuse d’être reliée avec elle par son oracle tout juste sorti. Et je l’entendais me dire que oui, j’ai le droit de me reposer, que ma valeur ne s’évalue pas au remplissage de mon emploi du temps… ah tiens… est-ce que je devrais aussi lâcher mon attitude défensive par rapport au fait qu’en ce moment j’ai besoin de repos? Arrêter d’être sur le qui-vive quand j’en fais moins, prête à me justifier? Lâcher prise sur un éventuel jugement des autres qui me fait culpabiliser de ne pas encore reprendre mes activités à fond?

Merci du message… mon chat s’est enfin posé pour dormir, tiens…

L’oracle des chats est présenté ici: https://atelierdenoono.wordpress.com/portfolio/loracle-des-chats-2/ et il est disponible soit sur le blog de Nathalie Thomas, soit dans votre librairie préférée, oui, c’est comme un livre, on peut le commander, Editions Ellebore.

L’Everyday Witch Tarot a été traduit en français: Histoires de Sorcières Tarot et il est édité aux Editions Arcana Sacra (groupe Alliance Magique).

Assumer mon corps

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Ça fait presque un an que j’ai fait cet autoportrait et que je n’ose pas le poster.

Voici mon corps, avec des os, des muscles, une peau et une âme qui l’habite. Un corps comme les autres et pourtant unique. Un corps pour vivre ma vie de femme libre si je le décide.

Aujourd’hui, je m’autorise à assumer qui je suis et ce que j’ai envie de faire de ma vie. Des trucs que je trouvais hier encore trop osés, trop new-age, trop bizarres ou pas assez ceci ou cela… comme assumer mon corps gros et en faire profiter les autres. Pourquoi? Non pas pour faire de l’érotique ou de la course aux « j’aime », mais bien parce que moi, ça m’a aidée de voir d’autres femmes s’assumer. Ça m’a tellement aidée!

J’ai une minuscule audience, je ne suis pas une influenceuse, mais si c’est utile à une seule femme, une seule fille, alors c’est réussi.

❤❤❤

On achève bien les gros

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Les prises de conscience sur le délit de faciès sont dans l’air du temps. Et si vous examiniez votre tendance à la grossophobie aussi?

Une super association toulousaine, le Labo des Culotté.e.s https://labodesculottees.wordpress.com/ qui transmet plein d’infos contre les discriminations en tous genres, et organise plein d’ateliers sur la relation, partage ceci.

«Je m’appelle Gabrielle, j’ai 39 ans, je mesure 1m54 et je pèse 125 kg. J’ai tendance à dire que je mesure une Kylie Minogue et que j’en pèse trois.» C’est sur ces mots que débute le film de Gabrielle Deydier (Arte). Elle enchaîne : «Vous pensez que vous allez voir un film sur une grosse qui veut perdre du poids ? Et ben non.»

Parce que les gros.se.s sont montré.e.s avec le regard des minces, sorte de thin gaze faisant écho au concept de Laura Mulvey, le «male gaze». Là où l’universitaire affirme que les femmes sont montrées comme des êtres désirés par le regard des hommes, on se dit que le procédé existe toujours avec les minces qui filment les gros.se.s: en mangeant, en étant statique, en représentant quelque chose qu’on ne voudrait pas voir. Et pour cause, lorsque j’en parle à Gabrielle Deydier, elle me raconte ces propositions de journalistes qui souhaitaient la filmer en train de manger un croissant ou devant plusieurs menus Burger King.

Le film On achève bien les gros, c’est tout le contraire. On vit la vie de Gabrielle Deydier pendant cinquante-deux minutes. La protagoniste principale réussit l’exploit de ce qui fait d’une œuvre une réussite, on vit sa vie à travers elle. On stresse avec elle lorsqu’elle est sur le point de faire une intervention dans son ancien lycée. Ce moment où on ne sait si c’est de l’intuition et il faut donc suivre, ou si c’est de la peur. Comment a-t-elle réussi à construire cette narration si juste? «C’est grâce à un plan cinématographique, le “face cam”, je voulais regarder les gens droit dans les yeux avec ce corps en maillot de bain. Et encore, je voulais le faire nue mais les gens n’ont pas voulu. Je voulais imposer ce corps devant lequel on détourne la tête. Je voulais qu’on me voie en maillot de bain, je voulais qu’on voie monter des escaliers, écouter de la musique, écrire.»

Disponible sur ARTE jusqu’au 16 août 2020: https://www.arte.tv/fr/videos/086161-000-A/on-acheve-bien-les-gros/

C’est un documentaire d’après le livre de Gabrielle Deydier « On ne nait pas grosse ».

Je me suis triturée les mains tout le long du visionnage. C’est évidemment un sujet qui me touche particulièrement. La critique et l’idée préconçue la plus répandue est bien évidemment le manque de volonté du gros. Celleux qui me connaissent savent que j’en ai de la volonté. C’est juste qu’après des dénigrements et des régimes qui font reprendre plus que ce qu’on a perdu, ce n’est plus possible, ce n’est plus une question de volonté, c’est complètement hors contrôle.

Évidemment, je sais aussi que pour le boulot, c’est un problème. Dans mon travail de danseuse, ça me ferme à peu près toutes les portes. Pour mes autres activités, je ne peux pas mesurer, alors je préfère croire que ça n’a pas d’influence.

Le sujet des relations amoureuses n’est pas vraiment abordé dans ce documentaire, je ne peux que partager mon expérience qui est que ça n’a jamais été anodin. Soit on m’a demandé de mincir, soit on m’a dit que les grosses faisaient fantasmer, soit on ne m’a pas donné ma « chance » tout simplement, parce qu’une fille doit être plus mince et plus petite que l’homme, soit on n’a pas pu aimer mon corps, mais mon gabarit a toujours été évoqué ou été dérangeant. J’aimerais juste qu’il ne le soit pas, que ça ne soit ni gênant ni un objet de fantasme, juste un corps parmi d’autres.

Si vous préférez le style fiction, le téléfilm “Moi, grosse”, toujours d’après le bouquin de Gabrielle Deydier, “On ne nait pas grosse”.

https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/soiree-continue-moi-grosse-639

Merci infiniment pour ce témoignage et pour cette voix de plus au respect de toustes.