J’ai rendu les clefs

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Voilà, j’ai rendu les clefs des salles de danse, les remplaçantes sont en place, les cours ont même déjà repris à Cadours, et j’y étais en simple parent. Et là ça fait très très très bizarre. Et c’est un peu violent. J’en suis venue à considérer ces deux salles de cours de danse comme chez moi tellement je les ai arpentées et tellement elles ont accueilli nos pas, nos joies, nos peines, nos rires, nos découvertes, nos corps. Je ne compte plus les heures à user le parquet ni les moments de partage intenses.

Je ne peux pas dire que je n’avais pas déjà pensé à arrêter les cours dans les moments de fatigue, surtout en hiver quand j’avais besoin d’hiberner et que mon moral ne suivait pas ou en juillet, quand j’étais épuisée de l’année écoulée. Mais je mets du temps à me détacher, et j’aurais préparé la suite, pour les élèves comme pour moi. Même si mon corps me criait depuis juin qu’il fallait que j’arrête, même après la confirmation du diagnostique, j’ai eu beaucoup beaucoup de mal à prendre la décision d’arrêter. Je n’avais pas le choix, mais c’était trop brusque, ce n’était pas à mon rythme ni à ma façon.

Il y a des pages plus faciles à tourner que d’autres. Huit années d’enseignement à Grenade, sept à Cadours, avec des élèves formidables pour lesquelles j’ai beaucoup d’attachement. La danse était mon rêve de petite fille, que j’ai réalisé puisque j’ai été danseuse, j’ai co-fondé des compagnies, créé des spectacles, mené un certains nombres d’élèves à découvrir leur corps, plusieurs danses et à apprendre un certain nombres de chorégraphies. J’ai vécu des moments formidables en cours, en répétition, sur scène, dans les coulisses et dans la vie « civile ». J’ai consacré ma vie à la danse depuis toute petite et ces dernières années cela faisait tellement partie de moi, tout le temps.

Je ne sais pas encore si cet arrêt est définitif ou pas. J’espère que je n’ai pas trop trainé cette inflammation au point que ça en devienne chronique. Le temps qui m’a prise de court en août exige maintenant beaucoup de patience. Ce qui est sûr par contre, c’est que c’est un sacré changement de vie.

J’ai rendu les clefs, je ne suis plus professeur de danse, je ne fais plus partie du foyer ni de l’ASL, je n’ai plus de projet de spectacle, de chorégraphie, de partage dans la danse, je dois me réinventer, puisque je ne suis plus danseuse.

Je n’ai pas encore eu le temps d’accepter.

La compagnie VagabonDanses

Photo Jérôme Lacroix

 

Je suis extrêmement reconnaissante à toutes les élèves qui m’ont fait confiance durant toutes ces heures. C’était un cadeau magnifique.

 

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  1. Tu te réinventeras, cela peut prendre du temps, mais toute est possible dans cette vie. Tu reconstruiras une nouvelle vie, avec les fondations de l’ancienne, les pierres des ruines et de nouveau matériaux qu’il faut encore découvrir.

    Je n’ai pas de doute sur tas grande capacité de réinvention.

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