Art, rue, art de rue…

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Voilà ma journée en deux mots que l’on peut combiner: art et rue!

Je suis allé déposer des accessoires pour le spectacle de demain à la salle Pajol, je ne me lasse pas de cet ensemble architectural et culturel.Toujours des expos de posters pédagogiques ou éducatifs ou militants, dehors, dedans…

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Dehors, tout une série d’affiches sur l’accueil des étrangers, la richesse de la diversité…. C’est bien beau tout ça, mais dans ce quartier pauvre et qui reçoit des réfugiés, ça m’a fait bizarre ce matin… J’ai croisé plusieurs personnes qui étaient à la rue et je n’ai pas su gérer ce que ça provoquait en moi. Il y a une auberge de jeunesse qui affiche des posters pour l’acceptation de la différence et les droits humains et quasiment devant la porte, des personnes vivent dans la rue dans le froid. Et moi je me balade avec mon reflex qui pourrait nourrir une famille plusieurs mois (et que j’espère ne pas avoir à vendre pour nourrir ma famille). Je me suis sentie mal à l’aise et honteuse, coupable, car je ne fais rien pour ces gens là.

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Que devais-je faire? Encore l’autruche? Si j’étais à leur place, que penserais-je de cette indifférence? Ca fait mal de se rendre compte de sa lâcheté face à la détresse humaine. En même temps, individuellement, je ne peux pas faire grand chose sur le fond. Trouver des logements et du travail pour leur rendre leur autonomie, je ne peux pas le faire là aujourd’hui seule face à eux. Rejoindre un groupe qui aide ces gens là sur le terrain, voilà ce que je devrais faire. Et rien que d’y penser je me demande quand, comment et où? Et je me sens à nouveau honteuse de ne pas être plus convaincue. Et j’ai continué mon chemin… (et ce soir quand j’y repense, à nouveau mal à l’aise, ouille ma conscience et mes valeurs…)

J’ai repris ma route de privilégiée (blanche éduquée et qui a un toit et de quoi nourrir sa famille) pour me rendre au BAL, un espace dédié à l’image près de la place de Clichy. Un espace fondé par Raymond Depardon entre autres, très branché dans une impasse d’un quartier très populaire.

Au premier abord, encore un peu secouée dans ma conscience, j’ai trouvé le lieu beaucoup trop branché. J’avais peut-être pensé y manger car il était midi bien passé et j’avais un peu faim, mais les plats n’étaient pas dans mes moyens. Contraste avec l’avenue de Clichy à deux pas. Ces artistes là ne sont pas du même monde que moi. Lieu très contemporain, les ouvrages dans la librairie aussi très contemporains. Pas forcément ce que je préfère ni en terme de mentalité ni en terme d’esthétique. Mais bon, j’étais là, je suis allée voir l’expo des  extraits vidéos d’un film documentaire de Clément Cogitore, « Braguino ou la communauté impossible ». Cela ne m’évoquait absolument rien, mais m’intriguait.

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L’installation présentait des vidéos et quelques photos immense dans une ambiance très sombre. J’ai toujours un peu peur avec les vidéos, que ça ne m’accroche pas, mais en fait, j’ai plongé à fond dans cette expo, un vrai voyage comme quand je suis plongée dans un bouquin et que la réalité n’existe plus. J’ai adoré l’esthétique des images (je ne sais pas si on dit comme ça) en plus d’être particulièrement intéressée par le sujet. Et ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à une chasse à l’ours avec dépeçage en quasi grandeur nature… ouais, ce n’est pas pour les végétariens ou plus cette histoire.

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A la librairie il y avait un livre qui raconte cette même aventure humaine en suivant le destin de la plus jeune des filles si j’ai bien compris. J’ai très envie de le lire, faudra que je passe le commander à Grenade: Ermites dans la taiga de Vassili Peskov.

Ne sachant pas trop quoi faire en sortant, surtout ne sachant pas où manger, j’ai trainé en me dirigeant vers Pigalle, espérant trouver des réponses à mes errances somme toute très superficielles.

J’avais trouvé un nouveau lieu à visiter, le 104, un lieu culturel de la mairie de Paris recommandé par mon amie Alexia. Un lieu où l’on trouve toujours des artistes qui s’entrainent, des ateliers, des expo, un café caché…

Retour à Marx Dormoy, en métro et et quelques centaines de mètres à pieds, notamment sur ce pont au-dessus des voies ferrées avec ces messages peints sur les murs pour ne pas avoir peur des étrangers et pour la paix.

Avec les bleus des murs, des grilles du pont et l’heure bleue, j’ai beaucoup aimé me trouver là à cet instant et profiter de cette ambiance.

Il y a deux entrées pour le 104, j’ai pris la rue d’Aubervilliers (avec l’entrée du 104 au numéro 104…) et le mur qui longe la voie ferrée était encore tout recouvert, affiches, graffiti, messages… Il y avait même un flash code pour faire un don en bitcoin!

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Au 104 j’ai d’abord visité le café caché, plus bobo que branché, déjà ça me convient mieux. Puis j’ai visité le lieu qui est très grand, avec espace concert, espaces investis par les danseurs et circassiens pour s’entrainer, la maison des petits qui propose des activités artistiques parents-enfants jusqu’à 5 ans que l’on peut voir en passant, un resto, une librairie bien sympa avec un beau rayon loisirs créatifs pour les enfants… je n’ai pas visité les salles d’activité, ce n’est pas possible comme ça en touriste ni les expos du moment, j’ai préféré la spontanéité et la vie des groupes de danseurs…

A la librairie, j’ai trouvé des trucs pour moi et pour noël, et aussi je suis tombée sur les cartes postales du photographe toulousain Louis Blanc dont j’adore le travail sur le corps et que je croise de temps en temps au Cactus, ça m’a fait super plaisir!

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Le chemin du retour à pieds longe une zone interdite protégée par un mur avec barbelés, je ne sais pas ce qu’il y a derrière le mur, mais sur le mur il y a plusieurs centaines de mètres de graffitis. Dommage, la nuit les couleurs ne ressortent pas aussi bien. Voici deux extraits que j’ai bien aimés.

 

Voilà, ensuite j’ai fait couturière pour mon amie Alexia pour demain, en me rendant compte que mes yeux auraient mérité pour ce travail de précision blanc sur blanc ma paire de lunettes laissée chez moi, je suis vieille!!!!!

Demain c’est boulot toute la journée pour mise en place, répétition puis spectacle.Ca va être chouette.

 

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Une réponse "

  1. Je trouve très sain de s’interroger sur ce que l’on peut faire pour aider les autres. Peut-être peux-tu transformer ta culpabilité en énergie créatrice ?
    Ton reflex peut servir à montrer, ta qualité d’écriture à expliquer ou interpeller, et probablement plein d’autres choses que tu sais/saurais faire.

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